A.S.B.G. : La A prend froid,

Laurent Bourg réussit son casse

          Dans la série des matchs de préparation, il n'y avait, cette fois, pas besoin de prendre de G.P.S. pour se rendre chez nos adversaires du jour. Parce que Folschviller, c'est connu, ça a même un parfum particulier pour certains membres de l'A.S.B.G. Si la confrontation des équipes premières a tourné à l'avantage des locaux (3-0), du côté des réserves, ce sont les visiteurs qui, contre le cours du jeu, ont finalement raflé la mise en toute fin de rencontre (0-1).

La A prise dans l'étau et perd son gardien 16730416_1249497308504621_1289139974367491953_n

Parfois, un match a une saveur comparable à aucune autre. Pour Sandro, le meneur de jeu de l'A.S.B.G., "Folsch'", ça lui parle, ça lui émoustille les pavillons auditifs, lui fait remuer le popotin. Du coup, il n'était évidemment pas question d'aborder cette nouvelle rencontre amicale la fleur au fusil. Certes il fera quelques selfis, notamment avec un attaquant du cru amateur, tout comme lui, de chicha, certes il placardera quelques C.V. dans les couloirs du vestiaire, mais, une chose est sûre, hors de question de faire de la figuration face à une formation qui caracole en tête de son championnat de P.H.R. Les vingt premières minutes de la rencontre sont justement dans le ton de cet investissement voulu sans anicroche. L'A.S.B.G. est appliquée et va se procurer deux occasions franches : c'est d'abord ledit italo-portuguais qui voit sa frappe croisée manquer de peu le cadre puis, surtout, cette passe en profondeur pour Fred E., nouveau venu, qui s'en va buter de près sur le gardien. S'il a une seconde chance de scorer, un défenseur, jouant les pompiers de service, dégage comme il le peut en corner. Les hommes de Matthieu Ultsch ont, sans le savoir, laissé passer leur chance. Parce que dès lors, les canaris vont sortir de leur cage et surtout de leur torpeur, monopolisant désormais la balle et justifiant ainsi la différence de niveaux. Peu de temps avant la pause, sur un ballon côté droit donné dans le dos de la défense (pour elle, ça se passe donc à gauche si vous avez suivi), l'un des locaux devance la sortie du gardien et glisse plein axe pour l'un de ses collègues qui, dans les six mètres, n'a plus qu'à ramasser l'offrande (1-0). Juste avant, sur un centre venu de la gauche de son n°7, Jerry, amateur de cheville tournée lors de foot en salle prohibés, remisait du torse pour l'un de ses comparses qui, pourtant idéalement placé, balançait une ogive au-dessus des cages de Tipi. Malgré la mise au point du coach guenvillo-bettingeois durant la pause, le second acte ne changera pas la physionomie d'une rencontre que Folschviller tient par le bon bout. Au contraire, sur un coup-franc de Jerry la petite souris, ils se donneront de l'air (2-0) avant de profiter d'une malencontreuse faute de main du gardien visiteur (3-0), le malheureux, perclus de douleurs, s'étant blessé à la cuisse quelques temps auparavant. Alors, on appela à la rescousse le gardien de la B qui, dans son vestiaire, se préparait au match d'après. Si l'on verra quand même Sandro, après un une-deux avec Mohamed, tenter sa chance de loin, qu'un 3 contre 1 sera mal négocié et qu'enfin, Cédric S. s'essaiera à une frappe enroulée vicieuse qui passe de peu à côté, ce sont bien les locaux qui se créeront encore les meilleures possibilités sans pour autant accroître davantage leur supériorité au tableau d'affichage. Considérant le niveau de l'adversaire du jour, rien de dramatique pour cette sémillante équipe A de l'A.S.B.G. Juste un rappel que rien n'est acquis et qu'à chaque jour, comme le disait le poète Nicolas Boileau, la répétition des efforts demeure nécessaire.

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse, et le repolissez, Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

 

Appelez-le Laurent Spaggiari  16602788_1249502748504077_2039934421210514230_n

Pour lui, les derniers mois ne furent pas de tout repos. Entre stress et "palpitant", comme il le dit, à soigner avec douceur, pour sa reprise, le coach de la B de l'A.S.B.G. n'avait rien de moins qu'à œuvrer sur les terres qui le voient exercer son gagne pain. Au-delà du symbolisme, il y avait cette soif de venir chercher quelque chose ou, à minima, de ne pas se faire valdinguer dans les grandes largeurs. A l'automne dernier, ses hommes, pourtant bousculés par l'équipe réserve de Folschviller, avaient réussi à glaner trois précieux points dans la course au maintien en 3e division. Un rappel qui colle, non sans étonnement, avec le scénario de cette rencontre amicale. Dire que les rouges domineront les débats est un euphémisme. En première période, la balance penche déjà d'un côté mais les occasions au bénéfice des locaux sont encore parcimonieuses. Néanmoins, Max', de retour dans les cages, doit faire montre de vigilance à deux reprises. Du côté des hommes de Laurent Bourg, rien à se mettre sous la dent si ce n'est, peu de temps avant la pause, cette frappe enroulée de Danilo qui heurte la barre. Manque de rythme évident, nombreuses fautes techniques, les bleus peinent à aligner 3 passes consécutives et, sous l'œil de Bastien, l'impeccable arbitre du jour, le Colina d'Alger, font souvent preuve d'une grande naïveté dans l'utilisation de la chique, surtout en phase offensive. Et le second acte me direz-vous ? Pareil, en pire. Des rouges qui harcèlent, créant les décalages, qui frappent mainte fois au but, mais sans réussite. Les Bleus, en retard, font néanmoins preuve d'un courage remarquable et qui devra être leur marque de fabrique dans le combat qui les attend d'ici peu. Sur le bord du terrain, sous sa capuche, derrière ses lunettes fumées, Laurent Bourg regarde sa montre. Il reste moins d'une dizaine de minutes à jouer. Il tire sur son cigarette électronique comme un électeur de Donald Trump sur une cible en bois.

- C'est l'heure, dit-il.

Sur un contre, à une quarantaine de mètres des cages adverses, Benjamin, côté gauche, trouve votre serviteur dans le dos de la défense. Quelques pas plus loin, aux 18m, celui-ci tente une lourde frappe croisée du gauche qui pénètre dans les buts avec l'aide du poteau gauche (0-1). Stupeur. D'autant que les rouges continuent d'assaillir cette défense bleue qui plie mais ne rompt pas. Mieux, sur un contre, Guillaume, côté droit, sert Benjamin qui remet pour J.F.C. dont la reprise en cloche passe au-dessus. Durant cette seconde période à sens unique, qui verra le pauvre Fred se prendre un (involontaire) atémi (#Taxi3) dans le pif et quitter le terrain, c'était Alpha Industrie qui s'était à vrai dire procuré la seule occasion sur une frappe flottante ayant rebondi sur la barre. Au coup de sifflet final, Laurent Bourg, et non sans avoir glissé à ses joueurs que du travail, il va encore en falloir et par paquets de douze, range surtout discrètement une grande carte, largement froisée. Sur celle-ci, on y voyait la représentation exacte du schiste de Folschviller, ses dimensions au centimètre près, où passent les réseaux, la composition exhaustive de la surface, les noms des adversaires du jour, leurs mensurations, même le prénom de leur chien s'ils en avaient un. Tel un Spaggiari qui, en 1976, avait réussi "le casse du siècle" dans une banque niçoise, Laurent Bourg repart comme si de rien n'était. Un mélange de Spaggiari et de Keyser Söze. Ou comment une simple rencontre amicale, disputée dans un état d'état d'ailleurs parfait, peut avoir des fragrances d'entourloupe.

By Maître Renard

[Amical] FC Folschviller – AS Betting Guenviller