Mohamed : « Je n’ai jamais connu

une ambiance comme ça »

 

            Après un an et demi à l’A.S.B.G., Mohamed s’est livré pour la première fois au petit jeu des questions-réponses. Entretien avec l’un des « caractères » du club qui, même si sa barbe s’hérisse parfois un peu trop, a su rapidement se faire adopter.



ITW Mohamed Amejgal
 

M.R. : Mohamed, on commence par la traditionnelle question « état civil »…

M.A. : Ok. Je suis né le 21 décembre 1986, le premier jour de l’hiver. Je suis également marié et père de trois enfants.

M.R. : Ta naissance sur un terrain, ça remonte à quand ?

M.A. : J’ai commencé à l’US Behren à 15 ans. Ensuite, j’ai déménagé en Bretagne, à Rennes plus précisément. J’ai alors joué en – 18 ans puis en seniors dans le club de Thorigné-Fouillard. J’y ai passé 3 saisons avant de revenir à Behren pour deux saisons.

M.R. : Ton retour à la maison s’est bien passé ?

M.A. : J’ai joué la première partie de saison avec la A en PHR mais, comme il fallait alors la renforcer, je suis passé en B qui était en 3e division. A la fin de la saison, nous avons terminé champions. Deux mois après, j’ai signé ici.

M.R. : Pourquoi ?

M.A. : Je vais être direct : pour une question d’ambiance. C’est peut-être bizarre ce que je vais te dire, mais j’ai grandi à Behren, je connais tout le monde, et j’ai préféré partir pour préserver mon amitié avec certaines personnes restées là-bas.

M.R. : A ce point-là ?

M.A. : Que l’on gagne ou que l’on perde, il y avait quasiment toujours une bagarre. L’ambiance n’était pas bonne. Il n’y avait pas ce que je connais ici. Franchement, je n’ai jamais vu une ambiance comme ici. C’est convivial, il y a un vrai esprit d’équipe, de famille, où tout le monde rigole avec tout le monde, même si chacun sait que j’ai un petit caractère…

20151004_154627

M.R. : En somme, si j’osais, pourrait-on parler d’un caractère…de cochon ?

M.A. : Je sais…ça me met des bâtons dans les roues, mais je pense qu’avec le temps, ça va évoluer. De toute façon, il n’y a pas le choix que d’évoluer.

M.R. : T’avais un contact avant de débarquer ici ou t’as vu une annonce sur Aliexpress ?

M.A. : C’est grâce à Driss. J’ai fait un entraînement, en salle d’ailleurs, et ça a tout de suite collé. Dans la foulée, j’ai fait un match amical sur le schiste de Seingbouse où j’ai mis un but.

M.R. : Mohamed, toi et ton dos en forme de demi-cercle, sur un terrain, vous préférez jouer où ?

M.A. : Quand je jouais à Thorigné-Fouillard, j’étais arrière droit avant de passer arrière gauche.
A Behren, j’étais soit 10, soit ailier droit. Ici, c’est quasi uniquement à ce dernier poste que j’évolue.

M.R. : Plusieurs postes, soit, mais celui qui te plaît le plus ? On a tous un poste de prédilection…Moi, par exemple, c’est arrière gauche ou 6…

M.A. : Ca va te paraître curieux, et je sais que ça va me retomber dessus, mais j’ai toujours aimé jouer arrière droit. A Betting, Matt’ se dit persuadé que je peux apporter plus à l’équipe en jouant un cran plus haut.

M.R. : Maintenant que tu dis ça, pas plus tard qu’à la fin de l’entraînement de ce soir, j’ai pu constater à quel point tu jouais effectivement vachement bas lors de la confrontation interne…

M.A. : Exactement. On me le dit et le reproche souvent, Bastien notamment. Il me rappelle sans cesse que je dois être plus offensif que défensif. Après voilà, il va falloir que je m’adapte.

M.R. : Pourtant, ça se voit que t’aimes bien avoir la balle au pied, provoquer…

M.A. : Ça c’est sûr. Qui n’aime pas avoir le ballon ? Maintenant, si on compare les deux dernières saisons, je dirais qu’en arrivant, j’étais un joueur qui la jouait souvent perso’, j’aimais bien rentrer dans l’axe, faire des crochets, dribbler en somme. Sauf que dans le football, il n’y a souvent rien de plus simple que de jouer en première intention. Maintenant, je trouve que l’on a trouvé un bon équilibre avec des types comme Bastien, Sandro ou Jonathan.

20151002_200715

M.R. : Comment t’as vécu la saison qui vient de s’achever ?

M.A. : Franchement magique, rien à dire. Super ambiance, sacrée combativité. On a fait ce que l’on avait à faire. Si l’on remet les mêmes ingrédients l’année prochaine, on connaîtra tous le scénario.

M.R. : Donc pas d’appréhension en 2e div’ ?

M.A. : Non, et ce si l’on garde la même optique. Après, il ne faut pas se brûler les ailes et y aller petit à petit. Commencer par bien s’entraîner, faire une bonne préparation physique.

M.R. : T’as identifié des forces et des faiblesses au sein de la A ?

M.A. : Déjà, avec le départ de Max, il va falloir recruter un ailier gauche parce que son boulot, il le faisait vraiment bien. Malheureusement, on perd aussi Jeffrey, également un bon arrière droit. Après, on fait confiance au coach qui saura trouver la meilleure équipe.

M.R. : Vraiment rien à améliorer qui ne te saute aux yeux, là, dès maintenant ?

M.A. : On peut s’améliorer tous les jours, à chaque poste. Si l’on regarde bien, on a terminé avec la meilleure attaque et la meilleure défense…A mon sens, ce n’est que la saison prochaine que l’on pourra identifier vraiment les secteurs de jeu où l’on doit s’améliorer. En tout cas, je suis confiant pour la suite.

M.R. : T’as suivi le parcours de la B ?

M.A. : Bien-sûr. Elle a fait un beau parcours et j’espère qu’elle va monter. Si c’est le cas, il faudra quand même plus de rigueur à l’entraînement car, comme on le dit, tout travail mérite salaire, et si des joueurs ne viennent pas s’entrainer, ça va leur créer des problèmes. Faut dire aussi que t’as des types qui bossent de nuit…Si tout le monde est sérieux, cette équipe pourrait faire le même parcours que
la A.

M.R. : Et question groupe ?

M.A. : L’équipe est bonne, avec des anciens qui gèrent. C’est une équipe de jeunes avec des nouveaux qui se sont greffés. Du coup, ça n’est pas évident mais les résultats sont quand même là. Faudrait réussir à minima à se maintenir l’année prochaine.

M.R. : T’as remarqué que lorsque t’as dit « équipe de jeunes », j’ai eu un spasme ?

M.A. : Oui, il y a des anciens et heureusement d’ailleurs ! A un moment donné, il faut de l’expérience dans un groupe. C’est le cas aussi en A. Dans chaque équipe, il te faut au moins 1 à 2 personnes qu’on dira matures. En B, toi, Josian ou Cédric L., vous êtes là pour faire ce qu’il faut.

20151124_2005331234momo

M.R. : Donc confiant aussi pour la B ?

M.A. : J’ai toujours dit à mes collègues qu’en B, il n’y a pas qu’un coach, Laurent, mais bien 4 avec les anciens qui y jouent.

M.R. : Parlons coach. Quid des relations avec Matthieu ?

M.A. : Les premiers contacts ont été impeccables. Après, on a eu tous les deux une période où nous étions chacun un peu sur la défensive.

M.R. : C’est-à-dire ?

M.A. : Il y avait des trucs qui n’allaient pas et on n’osait pas en parler. Ensuite, j’ai eu des échanges avec Bastien et Sandro, parce qu’on se parle souvent entre nous, et on a mis les choses à plat. Grâce à nos discussions, on a pu en parler avec Matthieu et tout est rentré dans l’ordre. Quand des choses se passent bien, il faut le dire, même chose quand ça va moins bien.

M.R. : Tu parles de quoi ?

M.A. : En première partie de saison, j’étais pas mal sur le banc et je t’avouerai que ça me faisait ch…même si ça ne veut pas dire que les joueurs qui sont remplaçants sont faibles, car ça peut être une stratégie du coach. Je ne sais pas comment te dire comment j’ai ressenti la chose. Je ne peux pas te dire que je me sentais comme la 5e roue du carrosse, non. Franchement, je ne trouve pas les mots pour te l’expliquer. Le plus important, c’est que maintenant, tout est rentré dans l’ordre.

M.R. : Avec une magnifique saison au bout….

M.A. : Clairement, et si on me demandait si je veux changer quelque chose, je ne ferais rien, que ça soit avec mes coéquipiers, avec le coach ou les dirigeants.

M.R. : Et sinon, un pronostic pour l’Euro ?

M.A. : Ça va peut-être fâcher certaines personnes mais, sincèrement, j’espère que la France ira au moins jusqu’en quarts de finale. Si ça se passe encore mieux, ça sera tout bénéf’ pour nous. Quand je dis « nous », je me mets dans le lot car je suis citoyen français. J’insiste sur ça car je me fais beaucoup chambrer mais c’est toujours à la rigolade. Pour la finale, je vois bien un France-Allemagne.

M.R. : S’il y a une telle confrontation, tu vois qui au bout du bout ?

M.A. : Il n’y a pas photo ! Vive la France !

M.R. : T’as encore un truc à dire avant qu’on se quitte ? Un truc qui te tient à cœur ? En gros, t’as carte blanche…

M.A. : Sincèrement, et je ne dis pas ça parce que c’est toi qui fais cette interview mais j’ai trop kiffé que tu sois venu ce soir. Je ne suis pas le seul à le dire, d’autres disent pareil : Quand t’est là, l’entraînement prend une autre ampleur, une autre dimension. Je te dis ça pour la simple et bonne raison que j’espère te revoir assez régulièrement la saison prochaine pour qu’on prenne du plaisir tous ensemble. Après, dans ce club, j’aime tout le monde, mais quand t’es là, c’est vrai que c’est encore autre chose avec ta joie de vivre et tes vannes. On aime ça.

By Maître Renard

20150913_154850

[ITW] Mohamed Amejgal